Spiritualité

La Priere

Condamné

Condamné

Albert Fa’alogo

Lorsqu’il regarde en arrière, Albert voit la main de Dieu dans sa vie. Maintes fois, il aurait dû mourir. Il a reçu des balles, s’est fait un trou dans l’estomac à cause d’une overdose de drogue et a été électrocuté lors d'un cambriolage, mais malgré tout, sa vie a été préservée.

Jarrod Stackelroth

Si vous le croisiez dans le train, il serait sans doute le type que vous préféreriez éviter. Crâne rasé, phalanges tatouées, regard intense. Le siège à côté de lui - vide. Mais si vous aviez saisi l’opportunité et que vous soyez assis dans ce siège vide, vous auriez entendu une histoire – une histoire de cran, de défi et de rédemption d’un homme sans honte, amoureux de son Sauveur.

Vous seriez surpris d'apprendre qu’il aide les vieilles dames et les amène à l’église et qu’il fait le tour du voisinage pour faire le service technique des voitures, tout ça pour partager cet amour. Dans son église, il installe et désinstalle tout le matériel et il aime « travailler pour le Seigneur ». De plus, il est prêt à partager son histoire avec quiconque prêt à écouter.

« C'est vraiment le Saint-Esprit qui m'a convaincu de sortir de ma cachette », dit-il. « Satan m'a gardé dans un trou pendant des années, mais je loue Dieu car je suis maintenant libre et capable d’être authentique avec les gens et d’avoir de vrais sentiments. »

Mais avant d’être convaincu par le Saint-Esprit, Jay Fa'alogo a passé des années condamné par la loi.

Jay est né en Nouvelle-Zélande en 1974 et ses parents se séparent peu de temps après sa naissance. Sa mère souffrait d'une dépression donc Jay et son frère, Ray, furent pris en charge par leur grand-mère jusqu'à l’âge d’environ 5 ans puis ils furent envoyés en Australie, chez une connaissance de la famille, pour accéder à une éducation et une vie meilleures. Au lieu de cela, ils se retrouvèrent dans une maison de trois chambres avec jusqu'à 30 insulaires emmenés là pour travailler pour la femme qui les avait recueillis.

« J'ai arrêté l'école à 15 ans, et j’ai commencé à traîner avec une bande. Je volais des voitures et cambriolais des magasins.

« Jeune homme, j’étais prêt à tout pour combler le vide en moi. » Ici, Jay s’arrête.

Le vide. Sombre, profond et insatiable, il consumait Jay de l'intérieur. Il avait commencé sa vie en étant un enfant solitaire et en quête d’une famille, désirant appartenir à quelqu’un. Ca s’est aggravé par les coups et les abus sexuels de sa tutrice.

«  Elle nous frappait avec des rallonges électriques pour la moindre chose. »

Ce n’est pas étonnant qu’il ait atterri dans le service judiciaire pour mineurs. « Mon père et ma belle-mère sont venus nous chercher. Ils nous ont sortis de cette situation et nous sommes revenus à Samoa. » Mais c'était peu et trop tard pour Jay.

« Je ne ressentais pas d'amour pour eux, car trop de temps s’était écoulé. Je ne les connaissais pas vraiment, alors ils m'ont envoyé en Amérique chez le frère de ma belle-mère. J'avais prévu de rejoindre l'armée. »

Un autre nouveau départ, sur un autre continent – sauf que le vide l’avait suivi. Jay avait environ 17 ans et commença à travailler.

« Je m’étais fait quelques amis au travail et ils m'ont demandé si je voulais être béni. » Ne connaissant pas le jargon de la rue en Amérique, Jay n'était pas sûr de ce qu'ils voulaient dire, alors il leur a demandé. « Ils ont dit : “ Tu veux faire partie de la famille. ” Ca me paraissait formidable. J’avais grandi sans famille, je sentais qu’ils étaient ma famille, nous sommes devenus très proches. »

Il s'est avéré que la nouvelle famille d’Jay était un gang et Jay devint un exécuteur, un fantassin, vendant de la drogue et prenant les commandes. Il commença à en consommer aussi – énormément.

Mais le gang était comme une famille. Il était prêt à se prendre une balle pour eux et il savait qu'ils feraient de même pour lui.

« La vie était rude, mais j’essayais d’atteindre le rêve américain : avoir de l'argent, une bonne apparence, conduire de belles voitures et avoir du pouvoir, c’est-à-dire, personne ne te cherche, sinon il auront ce qu’ils méritent. Je voulais tout ça. »

Mais ce n'était jamais assez. Il continua à rechercher toujours plus, et finalement, la loi l’a rattrapé. Un jour, sa maison fut pillée à 4h du matin et il fut jeté dans la prison fédérale pour fraude en matière d'immigration.

«  Là-bas, c’était dur, le temps s'était arrêté. La Prison, ça craint. » Avec un sourire ironique, Jay secoue la tête. « Je pensais que d’aller là-bas faisait de moi un dur, mais à l'intérieur c'était une toute autre histoire. Il fallait respecter des règles. » Jay dût rejoindre un gang à l'intérieur de la prison. Pour sa protection, il rejoint les Mexicains (sa femme est mexicaine). Mais ce n'était pas le genre de vie qu'il voulait.

« J'ai commencé à lire la Bible mais je n'étais pas persévérant. La seule fois où j'ai eu besoin de Jésus, c’est quand je me suis trouvé en difficulté. » Jay faisait des allers et retours en prison, brisant sa probation d'usage de drogues. Avant son dernier procès, en 2005, il pria : « Dieu, si je sors, je promets que je vais changer. » Il gagna son procès, mais ne changea pas.

Il était toujours en prise avec la drogue, violent envers sa femme, Lisa, et son mariage s'effondrait. Il en avait assez de la vie et était prêt à quitter la femme qui était resté à ses côtés aux heures sombres de sa vie.

« J'en ai marre de tout ça », pensait-il. « J'ai besoin de changements dans mon mariage, j'ai besoin de changements dans ma vie. »

De l'autre côté du monde, à Sydney, en Australie, le frère d'Jay, Ray, se sentait encouragé par l'Eglise Xcell qu'il avait récemment rejoint. Il priait pour sa famille et ses amis. Jay et Lisa étaient tout en bas d’une liste de 10 noms. Après tout, ils étaient si loin de lui et si loin de Dieu, plongé dans un monde de colère, de gangs et de drogue. Mais Dieu « a renversé le script ». Dans le Royaume de Dieu, les derniers seront les premiers.

Jay se retrouva en Australie pour l'anniversaire de sa grand-mère. Son frère l’invita à un groupe d'hommes à l'Eglise Xcell. Au début, il trouva ça ridicule. Mais peu à peu, les choses changèrent. Il retourna vivre en Australie et Lisa l’accompagna. Ils assistèrent à une « Conférence de Conquête » et ils furent baptisés, leur vie avait changé.

Chouette histoire, n’est-ce pas ? Mais ce n'est pas la fin du voyage d'Jay.

Après 13 ans d'efforts, Lisa tomba enceinte. Jay partagea avec tout le monde ce qui pour lui était un témoignage de la gloire de Dieu. Puis elle perdu le bébé. Ce fut une période sombre. Les médecins leur dirent qu'ils ne pourraient pas avoir un autre bébé. Ils faillirent s’éloigner de Dieu à ce moment là, mais ils réussirent à s’en sortir et le même mois de l'année suivante, Lisa tomba de nouveau enceinte, cette fois donnant naissance à une petite fille en bonne santé. Jay fit part du miracle de Dieu aux médecins et au reste du monde. « C'est pourquoi je crois que l'homme peut aller jusqu’à une certaine distance, mais la puissance de Dieu peut aller au-delà. »

Il veut que sa fille grandisse dans la connaissance de Dieu. « Chaque matin, je prie : « Seigneur, s'il te plaît, aide ma fille à ne pas être comme moi, mais à t’aimer ». Je lutte encore pour lui enseigner la vie et les voies du Seigneur, parce qu'étant jeune homme, je ne l’avais pas appris. Je loue Dieu pour ce qu'Il avait prévu pour notre mariage et notre vie parce que nous n'étions pas prêts à avoir des enfants à l'époque, mais maintenant je crois qu'Il a dit que nous sommes prêts. "

Pour Jay, son parcours nécessite un réengagement quotidien et d’être rempli par le Saint-Esprit. Il a encore des difficultés à garder son sang-froid et a été suspendu de l'équipe de direction de l'Eglise pour une courte période tandis qu’il luttait avec cela. Mais il n'est pas amer. « Je me suis fait tailler », dit Jay avec un petit rire. « Donc je pourrais produire quelques bons fruits. Parce que si vous portez des fruits pourris, personne ne viendra les cueillir… » Cette fois, il rit de toutes ses forces et ses yeux dansent. « Les leaders de l’Eglise ont vu que mes fruits ne poussaient pas et que les racines n’étaient pas solides, donc les frères m'ont dit de démissionner pendant un certain temps, commencer à croître de nouveau et demander au Seigneur de m’élaguer. Nous ne pouvons pas avoir des fruits pourris de sorte que le monde voit les fruits pourris sur nous. Ils mangent déjà des fruits pourris. »

Lorsqu’il regarde en arrière, Jay voit la main de Dieu dans sa vie. Maintes fois, il aurait dû mourir. Il a reçu des balles, s’est fait un trou dans l’estomac à cause d’une overdose de drogue et a été électrocuté lors d'un cambriolage, mais malgré tout, sa vie a été préservée. Maintenant, il partage avec enthousiasme l’histoire de sa nouvelle vie avec les gens. Il retourne même à l'établissement pour mineurs, où il fut jadis enfermé, pour partager son témoignage avec les détenus.

« Il faut se réveiller avec le Seigneur et aller dormir avec le Seigneur », dit-il. « Parfois, j'ai envie de tout abandonner. Je veux simplement partir et retourner dans le monde, mais mon cœur ne le ferait jamais. Même si je tombe, je reviendrai toujours. Je n'abandonnerai jamais le Seigneur, après ce qu'Il a fait dans ma vie. Il m'a donné un nouveau nom ".

Le nom de famille d’Jay, Fa'alogo signifie écouter ou obéir en Samoa. Que celui qui a des oreilles entende.


Initialement publié par RECORD.

Jarrod Stackelroth est rédacteur en chef adjoint de RECORD.

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